mardi 26 janvier 2016

18 minutes pour un véritable leadership

http://www.amazon.fr/gp/product/221256368X?ie=UTF8&camp=1642&creativeASIN=221256368X&linkCode=xm2&tag=httpdidiercha-21
Hier, est sorti dans toutes les bonnes librairies et sur le net ... mon dernier livre. Il parle de la prise de parole en public. Il est l'aboutissement de pas mal d'années de pratique et aussi de nombreuses préparations de "speakers" dans divers TEDx et dans des entreprises. Faites-lui donc le meilleur accueil ! Voici le lien: 18 minutes pour réussir votre présentation

Si vous avez le choix, préférez-le à un autre livre qui sortait le même jour, celui d’un ancien président, assez médiocre orateur selon moi.

En quoi sommes-nous tous concernés ?

Au-delà de la méthode proposée et des expériences présentées avec force commentaires de vidéos tirées de TED/TEDx ou d’ailleurs (vous verrez que je n’y ménage pas nos politiciens), ce qui est en cause dans ce livre dépasse la simple éloquence verbale. Ce qui est en cause est une forme essentielle de leadership que les technologies du numérique n’ont pas changée, elles l’ont même amplifiée. 

Tout le monde peut-être leader ponctuellement, la prise de parole est alors à ce moment précis une condition majeure de ce moment de leadership. A fortiori le dirigeant, le prof, le parent, le politique, l’étudiant qui présente sa thèse, le consultant qui planche sur sa « prés », aucun ne peut passer à côté.

De quoi  traite concrètement ce nouveau livre ?

Du Dire! Il aide à se préparer à parler en public en deux grands versants: l'art oratoire et le texte. Le Dire, c’est Parler + Ecrire … tout à la fois et dans cet ordre-là ! Et comme il s'agit d'un livre pratique, il propose une méthode que j'ai appelée "méthode du pendule" car elle renvoie sans arrêt du Parler à l’Ecrire et réciproquement. Au passage, le livre traite aussi des supports et des effets scéniques. Il réserve en cela la place que méritent à mes yeux les "powerpoints": la portion congrue !

L'art oratoire en premier !

Je commence par l'Art oratoire en m'appuyant sur des maîtres modernes venus du théâtre ou issus de TED et des TEDx et aussi des maîtres antiques de la tragédie ou issus de notre passé politique. Tout commence avec l'Art oratoire avec cette révélation que l'espace d'un instant, avant d’ouvrir la bouche, le "speaker" qui a de l'impact oublie tout et réinvente tout pour son public du moment. Je sais ce qu'a d'excessif en apparence cette affirmation. Je sais désormais ce qu'elle a de fondamental pour réussir à se préparer vraiment: tout commence par le Parler ensuite vient le Dire ! 

Le storytelling ensuite !

Ecrire un livre oblige vraiment à apprendre des tas de choses sur le sujet que l'on croyait connaître. Dans ce blog-même et ailleurs, j'avais déjà parlé de storytelling et sur ce point comme sur le précédent, l'écriture m'a conduit a sérieusement approfondir et ce n'est pas fini ! Le storytelling est pour les uns une simple modalité de "comm" et pour les autres une technique de manipulation. Pour moi, c’est en réalité un mode de pensée profondément câblé dans nos cerveaux. Ce n’est pas l’histoire que l’on raconte qui importe mais celle que se raconte votre interlocuteur en vous entendant … Il s’agit alors de penser votre intervention comme un scénario et de présenter vos arguments comme de bonnes histoires … si vous voulez être écouté et surtout entendu.

L’impact pour la qualité du lien

On pourrait se dire que tout ceci est bien démodé avec internet … Mais c’est tout le contraire. Internet est de moins en moins le royaume de l’écrit et de plus en plus celui de l’oral et comme à la télé, même en direct, l’art du scénario et celui du storytelling y règnent en maîtres ! Y avoir de l’impact tout comme dans une salle, avec ou sans micro, nécessite de l’avoir compris et de s’y être préparé. C’est ce que TED et les TEDx ont bien compris.

Au-delà, il y a la qualité du lien que peut établir la prise de parole. Dans une société où beaucoup d’échanges se limitent à du ping pong « d’éléments de langages », ce qui fait la différence c’est le lien, comme le disait il y a déjà quelques temps le philosophe Michel Serres. Là encore, TED et TEDx sont de bons exemples car tout commence parfois sur le net et peut se poursuivre en face à face ou l’inverse.

Converser c'est "vivre avec" !

Ce qui compte pour se prémunir de la superficialité des échanges actuels, médiatisés ou non, c’est la qualité de la conversation qui peut en résulter. Et conversation veut dire étymologiquement « vivre avec ». Ce livre vous donnera des clés de travail et de nombreux exemples. Et peut-être vous emmènera-t-il sur la voie de la conversation ?
 

samedi 2 janvier 2016

2015, le réveil, 2016 les vrais sujets ?

Pour 2016, je nous souhaite collectivement et individuellement de traduire en actes nos résolutions en ayant le courage de traiter les « vrais » problèmes sans nous laisser happer par les diversions ! 

2015 : le réveil !

Toute la presse titre: « 2015, une mauvaise année ». Tout le monde a en tête les attentats, les migrants, le réchauffement climatique... à chaque fois, il semble que les choses aient bougé:

Les attentats ont permis de réaliser que nous étions en conflit (lire ici), non pas depuis le 7 janvier 2015 mais depuis plusieurs décennies. Notre gouvernement a parlé de guerre or celle-ci, de basse intensité, était déjà présente tout autour de nous et nos soldats et policiers  y étaient déjà engagés. Ce n’était pas la guerre, c’était la fin de l’illusion de la paix inconditionnelle et indéfinie … Et il nous faudra bien livrer bataille. Je dis réveil parce que l’on a vu  des résolutions … parfois insignifiantes (état d’urgence, fermeture de mosquées …), parfois efficaces (attentats déjoués, frappes des camions de pétrole de DAESH …)

Des flux migratoires sans précédents en provenance des pays vraiment en guerre, eux, s’agglutinent à nos frontières et ce fait qui concerne d’ailleurs surtout nos voisins pour l’instant a impacté notre calendrier politique. Le FN qui mise sur le rejet de l'immigré a atteint presque 40% parfois au premier tour. Il s’est donc passé quelque chose politiquement. Car tout le monde comprend que le vieux monde politique ne fait plus la maille et beaucoup le montrent désormais en votant FN par défaut. 

Enfin, réveil aussi du côté de l’environnement (lire ici) avec la COP21. Pour la première fois, 195 pays se mettent d’accord pour agir pour la planète et ça se passait en France ! 

Peut-être cette année 2015 aura-t-elle donc été marquée par un début de prise de conscience ?

2016: agir sur le fond !

Pourtant, qu’il est donc dur de changer ! Ce réveil progressif sur la menace terroriste, sur la situation géopolitique et sur le jeu politique français comme sur la gouvernance environnementale planétaire n'ont pas encore permis la prise de conscience de l’étendue réelle des tâches collectives à accomplir.

Attentats : ils ont sans doute un peu réveillé le patriotisme français sans pour autant provoquer le rejet des musulmans autant qu’on aurait pu le craindre, c’est bon signe. Pour autant, il nous reste 4 batailles à livrer et à gagner (lire ici):

Migrants : l’action à mener n’est pas de nous fermer à l’arrivée d’étrangers mais de nous mettre en capacité de les accueillir. Il s’agirait donc de recréer les conditions d'une attraction économique et politique renouvelée et du partage d’une prospérité qui s’en est allée. Nos 3,5 millions de chômeurs officiels et notre taux d’endettement public de près de 100% du PIB passent au second rang et l'on diffère régulièrement le moment de vraiment réformer l’Etat en profondeur, de traiter vraiment la question de nos dettes et déficits endémiques et d'une monnaie qui pour beaucoup se raréfie au profit d'un système financier incontrôlé.

COP21 : le travail de Laurent Fabius a été légitimement salué pour son résultat pédagogique et diplomatique. Il reste maintenant à choisir des priorités adaptées à la situation réelle de l'environnement (les actions retenues sur les émissions de CO2 n’auront aucun impact (selon le MIT et le CCC, lire ici) et à participer à une gouvernance mondiale enfin devenue pragmatique.

Éviter les détournements de l’attention 

Il faudra se donner pour tout cela des moyens et donc véritablement lancer l’incontournable chantier de la refonte à la baisse des missions de l’Etat y compris le millefeuille qui prospère toujours malgré la réforme des régions en trompe l’œil et celui de la remise en cause des prébendes de toutes sortes tout en renforçant les fonctions régaliennes (Justice, Police, Armée). Dans un monde globalisé, libéraliser l’économie et donc responsabiliser le peuple et lui redonner la maîtrise de son destin tout en ayant le courage de couper dans les avantages acquis et dans l’Etat providence ne sont plus des options, nous n’avons déjà que trop tardé. Nous ne pourrons pas arrêter l’UBERISATION en cours mais nous pouvons l’accompagner intelligemment.

On peut se souhaiter tout cela et pourtant, sur tous ces grands dossiers et d’autres, la tentation est grande de regarder ailleurs, de détourner l’attention et non pas d’agir sur les « vrais » sujets. On ferme quelques mosquées quand le scandale commence par l'exclusion des jeunes notamment issus de l'immigration et que l’embrigadement des Jihadistes débute sur le net. On fait des descentes de police sans mandats aussi brutales qu’inutiles sur des militants écolos. On choisit de concentrer de futurs efforts environnementaux sur l'inefficace et coûteuse réduction des émissions de CO2 . Et pour démarrer l’année, on recentre le débat politique sur un thème idéologique totalement inopérant, la « déchéance de la nationalité » qui ne mérite même pas d’être commenté mais qui fait diversion …

Bonne année 2016

A tous les niveaux, 2015 aura donc permis de prendre conscience de certains problèmes de fond et donc de réveiller les citoyens de qui tout devrait vraiment dépendre en fin de compte. Ce n’était donc pas une si mauvaise année. Puisque c’est le jour des vœux, souhaitons que 2016 verra le commencement du traitement conscient et citoyen des « vrais » sujets sans céder aux tentatives de diversion.

mercredi 23 décembre 2015

Impact de la COP21 en 2100: 0,2°C au mieux !

L'accord de la COP 21 n'aura pas d'impact sensible sur le réchauffement climatique, alors que faire ? A partir des thèses du Copenhagen Consensus Center, voyons comment prolonger le premier pas diplomatique réussi de la COP 21 dans le sens ... du bon sens.

L'impossible débat sur le climat

Sensibilisé à la question du changement climatique, j'écoute et je lis désormais les media en étant vigilant sur ce point. Or je constate qu'en ce mois de Décembre si doux, il n'est plus aucun journaliste ou présentateur météo (surtout depuis le licenciement de Philippe Verdier de France 2, ci contre) qui ne fasse son intro sur le réchauffement climatique ... ancrant chaque jour plus profondément l'évidence "climato-consensuelle".

Ainsi qui voudrait encore débattre d'une évidence aussi dangereuse ? Et avec qui ? Les tenants d'autre chose que de la thèse du GIEC sont désormais taxés non plus de "climato-scepticisme" mais de "climato-négationnisme"(c'est une mauvaise traduction de l'anglais climate change denier). Cette référence implicite au nazisme fait désormais office de police de la pensée. Elle montre assez qu'aucune discussion n'est plus possible ... (voyez ce qu'est la loi de Godwin ici) .

Les attaques Ad Hominem des deux côtés font recette. C'est propagande contre propagande d'autant plus qu'aux USA, les Démocrates sont dans l'ensemble du côté du consensus et certains Républicains du côté du scepticisme. Sur un sujet présenté comme engageant la survie de la planète et comportant de nombreux aspects scientifiques, il n'y a donc pas de débat sur le fond, il n'y a que de l'invective. Puisque la politique et la médiatisation ont investi le domaine scientifique, comment le bon sens va-t-il s'y retrouver ? Y-a-t-il une médiation possible vers une gouvernance raisonnable, en commençant par les idées avant de passer aux prélèvements fiscaux ?

L'indispensable retour au bon sens

Je vais m'appuyer sur un auteur et speaker TED, Bjorn Lomborg, pour proposer une approche dont je vois bien le cousinage avec celles que j'ai eu l'occasion de proposer dans un contexte d'entreprise. Je vous dis tout de suite que Lomborg, bien que n'ayant pas le profil-type du pollueur réac classique (c'est un prof danois, ancien de Greenpeace, gay et végétarien !) est considéré comme un provocateur climato-négationniste à la solde des pétroliers. Il n'a plus beaucoup d'amis chez Greenpeace ... Pourtant, ce trublion infréquentable, m'a semblé avoir eu une idée qui "vaut la peine d'être partagée". Voici sa vidéo à l'occasion de TED 2005 (Bjorn Lomborg fixe des priorités pour le monde. | TED Talk | TED.com ):


Lomborg est statisticien et économiste et non climatologue. Dans son livre L'écologiste sceptique, il ne remet en cause ni le réchauffement récent, ni les modèles des gaz à effet de serre mais estime que leur sensibilité au CO2 est exagérée. Pour Lomborg, c'est un problème secondaire comparé aux priorités de développement comme fournir de l'électricité et de l'eau potable à l'Afrique. Il part de l'idée qu'un choix, et surtout un choix d'investissement quel qu'il soit, doit s'évaluer en fonction de deux axes. D'un côté, l'importance de l'impact attendu de l'action considérée et de l'autre son coût qui peut être mesuré en effort financier, en temps et/ou en tout autre forme d'effort. En croisant les deux axes, on a alors une meilleure idée de ce qu'il est utile de faire. Voici le genre de matrices classiques coûts/bénéfices ou atouts/attraits que j'ai souvent utilisé pour ma part à l'occasion de missions de  changement stratégique:
Pourquoi ne pas faire pareil avec les choix politiques ?

L'impossible maîtrise du réchauffement  !

Eh bien, c'est l'idée de Lomborg. Classer les actions en fonction de leur retour sur investissement en croisant leur impact relatif et leur coût. Alors pour cela, il faut d'abord évaluer l'impact de la mesure. C'est ce qu'a fait le CCC sur l'accord de la COP 21. C'était possible dès le début Décembre car très astucieusement, Laurent Fabius avait demandé aux 195 Etats de faire parvenir leurs promesses de réductions d'émissions de CO2 AVANT la conférence (185 l'ont fait). En code ONUsien, il s'agit des INDC (Intended Nationally Determined Contribution). Vous pouvez lire ici un article grand public qui tire la conclusion de ce travail académique.

Voici en rouge la courbe du modèle prévisionnel du GIEC si l'on ne fait rien, en turquoise la même ajustée de l'impact des promesses INDC jusqu'à 2030 selon le modèle GIEC et en vert la même en espérant que les actions seront prolongées jusqu'en 2100.

D'après communiqué de presse de l'article de Lomberg, courbe tirée de: http://www.pensee-unique.fr/news.html#cop21

Cette courbe montre l'impact minuscule de l'accord de Paris: au mieux 0,17°C dans l'hypothèse d'un effort d'investissement soutenu de 100 mds$ par an pendant 85 ans ! Cet article officiel est "revu par les pairs" vous pouvez vous le procurer ici. Il ne me semble pas s'agir d'une propagande invérifiable mais du traitement des chiffres publics et des modèles qu'utilise le GIEC lui-même. Cela mérite réflexion !

Ci dessus, le résumé très clair de cet article dit: "Toutes les politiques du climat ... depuis 2000 et jusqu'à 2030 et maintenues jusqu'à la fin du siècle réduiront probablement le réchauffement climatique d'environ 0,17° en 2100".

Malgré le fait qu'il s'agit d'une publication académique officielle et "revue par des pairs", on pensera que l'auteur ne peut qu'être de parti pris.

Alors, j'ai pu constater que d'autres analystes parviennent aux mêmes conclusions: impact de 0,2°C en 2100 ! Il s'agit au MIT du Joint Program on the Science and Policy of Global Change. A la question de savoir ce que sera l'impact des politiques du climat, la réponse est très claire (page 2 de l'Outlook 2015 que vous pourrez télécharger comme je l'ai fait): "Assuming the proposed cuts are extended through 2100 but not deepened further, they result in about 0.2°C less warming by the end of the century compared with our estimates, under similar assumptions, for Copenhagen–Cancun".


En quoi sommes-nous concernés ?

Tout se passe comme si nous étions tous convaincus qu'il serait essentiel de d'investir 8500 mds de $ pour avoir l'espoir de réduire le réchauffement au mieux de 2 dixièmes de degrés dans un siècle. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce raisonnement !

Pendant ce temps, il y a eu cette année 1 million de réfugiés-migrants en Europe ... Ne serait-il pas plus judicieux de nous préoccuper de nous adapter aux nouvelles conditions de notre monde: climatiques sans doute, mais aussi économiques, sociologiques, démographiques, politiques ? C'est pour cela qu'il pourrait être judicieux de remettre les priorités dans un ordre plus raisonnable à l'image de l'approche du CCC illustrée ci-dessous:







dimanche 13 décembre 2015

ERRATUM: COP 21

Chers amis,

Mon article sur la COP 21 a été publié par erreur alors qu'il n'était qu'à l'état de brouillon. Le voici terminé ici: http://didierchambaretaud.blogspot.fr/2015/12/cop21-quoi-bon.html avec les liens, photos et références vidéos.

Merci

La COP21 peut être utile.

COP 21: un accord historique joyeux et encourageant dont on peut sérieusement se demander à quoi il peut bien servir... Ecolos militants et climato-sceptiques, je vous propose une réponse qui pourrait vous réconcilier !

Une semaine d'attente

Ivar Giaever
Pendant cette semaine une grippe aggravée de fièvre "post-paludéenne" m'a donné l'occasion de visionner nombre de vidéos Youtube d'experts et d'activistes du climat: conférences de scientifiques canadiens, anglais et américains surtout, témoignages devant les sous-comités du sénat américain, traitement par les divers médias des deux tendances ("climato-consensuels" et "climato-sceptiques"). J'ai d'ailleurs à cette occasion découvert l'existence de l'expression "climato-négationniste"qui me semble relever de la loi de Godwin ( voir mon article ici).

Voici ici une vidéo (https://www.youtube.com/watch?v=TCy_UOjEir0) de l'un de ces "fous dangereux": Ivar Giaever, un non spécialiste qui n'a plus de carrière à faire sur ce thème et qui me semble pourtant honnêtement informé en tant qu'ancien panéliste du GIEC et crédible sur le plan de la méthode scientifique en tant que prix Nobel de physique.

Tout cela  me donne envie de partager une opinion personnelle plus ou moins éduquée sur ce qui passe en boucle sur nos chaînes info depuis deux ou trois jours à propos de la COP 21.

COP 21: C'est la joie !

Je n'ai pas encore lu l'accord, comme d'ailleurs les journalistes. Et pourtant comme eux, je suis sensible à la joie évidente des protagonistes. D'accord, ils sont payés pour ça et savent jouer la comédie. Pourtant, j'affirme que ce que je perçois sur ces visages fatigués, c'est une joie authentique et cela me semble encourageant. Laurent Fabius qui a si souvent une posture molle et pourtant rigide, est rayonnant pour une fois. Al Gore, grossi, blanchi et rougeot est hilare au côté d'une Ségolène Royal encore pimpante ... Al Gore, quelle réussite narrative ! Mais c'est une autre histoire. Même Ban Ki-moon semble authentiquement heureux ! 

Un accord joyeux donc, comme le disent les journalistes qui couvrent l'événement, et je crois sincèrement que cet accord obtenu à 195 pays est une avancée. Mais dans quel sens ?

Une phrase m'avait traversé les oreilles quelques semaines avant cet événement. Un représentant appointé par les tenants de la thèse officielle de l'extrême urgence climatique avait affirmé que plus personne aujourd'hui ne mettait plus sérieusement en doute le réchauffement climatique et que l'urgence était telle que cet accord était absolument vital ... était-ce si sûr ? Je n'aurais sans doute pas vérifié ... Mais les débats américains sur le climat viennent démontrer sans aucun doute possible pour qui vérifie que la première partie de cette phrase est absolument fausse: il y a au contraire des gens sérieux qui ont de puissantes objections et qu'il en résulte une vraie bataille politique entre factions derrières lesquelles s'alignent de gros intérêts financiers (des deux côtés !).

COP 21: réserves sur le contenu (perçu) de l'accord sur le changement climatique

L'accord porte sur des actions à financer pour rester "nettement en dessous des 2 degrés de réchauffement en 2100". Voici de sérieuses réserves:

1) Les très complexes questions systémiques d'environnement et leurs conséquences sociales et économiques, posées à l'échelle climatique, se résument-elles à 2 degrés sur un siècle et à l'émission de CO2 ?

2) Les mesures géographiques sur terre sont encore partielles et sélectives, les mesures atmosphériques en altitude et océanographiques en profondeur sont encore très peu représentatives et souvent "interpolées" ou "ajustées", les prévisions du GIEC fondées sur de purs modèles mathématiques coupés des réalités ont été démenties jusqu'ici par les faits (les températures moyennes terrestres ont cessé de croître depuis 1998 voire décroissent). Peut-être avez-vous l'impression que les températures de chez vous ont fortement augmenté, ce n'est pas si sûr selon cette courbe empruntée à http://www.climat-optimistes.com et issues des sources officielles américaines "climato-conformes":


Si cela se confirme, le problème environnemental ainsi posé ne serait-il pas en réalité déjà résolu ? Sinon, avec un objectif aussi "précis", comment se propose-t-on de mesurer et de piloter de façon neutre et réaliste les résultats avec un thermomètre aussi peu partagé ?

3) 100 Mds de $ par an représentent deux fois le service de dette de la France ou les budgets combinés de l'Education et de la Défense, c'est beaucoup à l'échelle d'un seul pays. Mais cela semble peu à l'échelle planétaire car il s'agirait rien moins que de changer volontairement le climat de la planète. Et le financement des actions n'est pas assuré. C'est trop ou trop peu ... et la crédibilité de l'ensemble peut être mise en doute.

Marcel Leroux
3) Toute la "méthodologie" du GIEC repose sur une série d'hypothèses présentées comme irréfutables: l'activité humaine est responsable du réchauffement climatique, l'activité humaine émet beaucoup  de CO2 donc produit un important effet de serre, donc en réduisant le CO2, on contiendra le réchauffement ! Or il y a des réalités physiques établies indépendamment des débats politiques: le principal gaz à effet de serre est la vapeur d'eau qui représente 95% de ces derniers (contre 3% pour le CO2) et serait responsable de 72% de l'effet de serre et les observations sur périodes longues (carottages des glaces arctiques et antarctiques) et récentes par prélèvements directs montrent que l'augmentation des températures précède celle du taux de CO2 non l'inverse.

Alors a-t-on posé le bon problème ? Je vous propose pour creuser, une vidéo rare (https://www.youtube.com/watch?v=thYTIcs7P_M) d'un authentique climatologue reconnu et malheureusement disparu, Marcel Leroux.

4) Si les émissions de CO2 étaient un aspect si central du problème, pourquoi des sujets majeurs comme les transports ou la valeur du point-carbone sont ils  laissés hors de l'accord ?

5) Malgré les affirmations initiales de F Hollande sur la nécessité de prévoir des contraintes, comment faire respecter l'accord sans cela ?

Pendant qu'ils étaient à la COP 21 au moins ils se parlaient et ne se battaient pas ...

Je n'étais pas de ceux que l'on appelle avec condescendance "climato-sceptiques". Je le deviens sans nul doute depuis que je m'intéresse vraiment au sujet mais ce n'est pas essentiel pour l'instant. Restons constructivement sceptiques, ayons horreur des dogmes et prenons l'habitude d'identifier les "belles ou les horribles histoires" qui s'avèrent être des mythes et voyons si l'idée de gouvernance collective aura bientôt progressé grâce à la négociation et à la communication autour de la COP 21.

Il s'agit selon moi d'un essai transformé par la diplomatie française de réunir la famille des gouvernants humains sur un sujet commun ... pour le moins controversé. Le contrôle du réchauffement climatique par la limitation des émissions de CO2 n'est pas un sujet si urgent, il est mal défini, l'objectif est inadapté et non mesurable et le processus n'est pas contrôlable mais l'accord en lui même est un pas dans une direction qui, elle, est essentielle, celle d'une gouvernance mondiale.

En quoi sommes-nous finalement concernés ?

Que ce soit pour des causes environnementales (raréfaction ou mauvaise répartition des ressources,  diminution de la bio-diversité et mauvaise mise en valeur des sols etc ...), politiques (extrémismes, conflits armés, réfugiés politiques ...) ou économiques (financiarisation absurde, précarisation, marchandisation du vivant ...), la famille humaine a besoin d'une gouvernance commune. La COP 21 aura sans doute un peu servi d'entraînement dans ce but. Et dans la mesure où ces résolutions annoncent de nouvelles dépenses futures non financées, il faut que le citoyen de base s'attende à de nouvelles ponctions fiscales. Faisons donc en sorte que cela serve vraiment à quelque chose et mettons nos gouvernants sous surveillance.

L'important ce n'est pas de freiner un éventuel réchauffement climatique de quelques degrés sur quelques décennies, l'important c'est d'apprendre à élaborer ensemble les meilleurs moyens de nous adapter collectivement aux situations réellement urgentes que nous allons rencontrer et d'y contribuer individuellement pour nous-mêmes et pour ceux qui dépendent de nous.

samedi 5 décembre 2015

Ne pas succomber à l'affect, ne rien laisser dans le registre de l'impensable !

Professeur à l'Ecole Normale, philosophe étiqueté à l'extrême gauche, anciennement maoïste, Alain Badiou, propose à l'occasion des récents "attentats terroristes"  dans cette conférence un peu longue (https://vimeo.com/147061687), une analyse poussée de notre monde global qui recoupe la "quatrième bataille" que j'annonçais dans mon précédent article.
A. Badiou, "Là-bas, s'y j'y suis"

Ne pas succomber à l'affect

Malgré l'horreur et la stupeur bien naturelles après les événements meurtriers qui nous ont touchés de près, je n'ai pas mis de drapeau à ma fenêtre ni sur mon profil Facebook car je ne me suis pas senti à l'aise, comme après Charlie d'ailleurs, par le traitement médiatique et politique matraqué où seul l'affect est sollicité. Voici une vidéo plus courte (https://youtu.be/lBZLywtkOpU) que j'ai montée moi-même à partir de la conférence d'Alain Badiou qui traite le sujet de l'affect et de l'impensé. Position dont je me sens proche:



En résumé voici ce que nous dit Alain Badiou. Il reconnaît, comme je le fais lorsque je "coache" un speaker TEDx, l'importance de l'affect. Mais comme lui, je pense que l'affect ne peut conduire seul notre réflexion. Et voici pourquoi (le texte en italique est de moi !):
  1. L'affect conduit à prendre des mesures inutiles et inacceptables. L'Etat d'urgence n'est pas inutile mais pourquoi n'a-t-on pas appliqué nos lois plus tôt ? Pourquoi les juges sont-ils hors du coup ?
  2. L'affect renforce les pulsions identitaires. Le resserrement naturel de la famille en cas de coup dur conduit à faire de l'étranger un bouc-émissaire alors qu'il nous faudrait du discernement, de l'intelligence et des alliances pour vaincre. La vengeance risque remplacer la Justice or ne voudrions-nous pas démontrer que nos valeurs démocratiques valent la peine d'être défendues ?
  3. L'affect conduit à ce que les meurtriers souhaitent faire: occuper toute la scène et créer un "sujet obscur déprimé et vengeur" comme Baader-Meinhof et Ben Laden l'ont réussi autrefois.
Ne rien laisser dans le registre de l'impensable

J'ai bien aimé cette phrase. L'affect nous fait adhérer à une position donnée par l'émotion. C'est naturel. Il nous dispose à l'action et c'est bien. Je le dis à mes intervenants, c'est cette adhésion qui prédispose à bouger et à créer. Souvent les discours sont lénifiants car il n'y a aucune action. Mais là, les événements préparent l'adhésion de la grande majorité. Raison de plus pour ne pas faire n'importe quoi, raison de plus pour nos gouvernants de réfléchir vite et bien à la nature de cette action et à sa profondeur.

Agir sans réfléchir ou sur un raisonnement biaisé comme ce fut le cas pas l'équipe Rumsfeld-Cheney autour de Bush lors de la seconde guerre d'Irak a conduit au drame (officiellement 150000 civils Irakiens tués !) et (je le pense) in fine à la perte de cette guerre au profit des islamistes radicaux sunnites et de l'ancien ennemi iranien chiite. Ne laissons rien dans le registre de l'impensable dit Badiou, rien de ce qui est humain ne survient par hasard, je traduis cela en refusant de qualifier l'Ennemi de "monstre" car comme disait Montaigne: "tout homme porte en lui la forme entière de l'humaine condition".

Rappel des quatre batailles

Dans  mon précédent article, j'avais essayé de présenter les quatre batailles que nous devrions livrer en parallèle, de façon réaliste, sans affect et avec des termes de durée différents:
  1. Bataille intérieure de l'état d'esprit où le citoyen devrait être acteur/résistant et non victime potentielle, sortons de l'état de sidération qui plait tant aux chaînes d'info 24/24 !
  2. Bataille extérieure où nous devrions nous doter des moyens militaires appropriés car pour de bonnes ou de mauvaises raisons historiques, nous sommes déjà en guerre depuis 30 ans, et pour cela remettons en question en profondeur notre Etat obèse, endormi, mal organisé et illégitime,
  3. Bataille idéologique pour affronter l'instrumentalisation de l'Islam, en confrontant nos "valeurs" à celles de l'Ennemi et pas seulement en fermant quelques mosquées Salafistes.
  4. Bataille pour la paix où en rencontrant vraiment l'Ennemi et en négociant avec lui, nous devrions nous réinventer nous-mêmes et une société planétaire permettant à tous, y compris les pauvres tentés par une lecture haineuse du Coran, de trouver leur place.
Je ne partage pas le point de vue de départ marxiste d'Alain Badiou mais je trouve la perspective d'ensemble intéressante qui correspond bien à ma quatrième bataille: construire la paix nécessitera de nous changer nous-mêmes et de nous réconcilier avec les "monstres".

En quoi sommes-nous concernés ?

Certains peuvent être tentés de succomber à l'affect et de chercher vengeance. D'autres (au niveau de l'Etat) sont tentés de faire semblant  de maîtriser et d'en profiter pour chercher à redorer leur blason terni et d'autres enfin de se réfugier dans telle ou telle idéologie gentille et sans rapport avec les urgences réelles. Badiou, en bon gauchiste, ne cautionnerait sans doute pas mes deux premières batailles. Je reste cependant convaincu de l'importance de livrer ces quatre batailles sur lesquelles je reviendrai car j'ai l'impression que le prêt-à-penser médiatique semble évoluer dans le bon sens.

Le philosophe Alain Badiou, quant à lui, m'a semblé intéressant car il nous introduit à ce que pourrait-être le champ de la quatrième bataille.

mercredi 18 novembre 2015

4 batailles pour gagner une paix

Les attentats du 13 Novembre obligent la gouvernance française à un changement radical. Or les postures dogmatiques de nos gouvernants "rassemblés" dans l'adversité, reprises et amplifiées par le cirque médiatique, sont-elles à la hauteur des quatre défis qu'il nous faut désormais relever ? Respectons-nous assez notre ennemi pour le combattre vraiment, le vaincre et finalement parvenir à une paix avec lui ?

Une Morale de guerre !

C'est la guerre a dit notre Président ! Cette guerre se fait désormais chez nous: des civils fanatisés et suicidaires tuent d'autres civils: des "victimes innocentes", nous. Je rends, moi aussi, hommage à la mémoire des victimes des attentats, ... nous en connaissions certaines. 

Que sont des "victimes innocentes" ? Les victimes ne sont-elles pas innocentes par nature ? La mort d'un soldat en uniforme au front est peut-être moins choquante. Mais pourquoi cette victime-là serait-elle moins innocente ou plus coupable qu'une mère de famille et ses enfants tués par un V1 à Londres en 1944, par une bombe incendiaire américaine à Dresde le 13 Février 1945, un attentat de DAESH dans le quartier chiite de Beyrout ce même 13 Novembre 2015 ou par une bombe française de représailles à Raqqa le 14 Novembre 2015 ? Toutes sont les innocentes victimes d'une égale Morale guerrière ...! A noter: un mort sur deux de la seconde guerre mondiale était un civil.

Nos victimes innocentes à nous sont vues par l'ennemi comme des "croisés idolâtres et pervertis". Celles que nous causons sont invisibles ou simplement présentées comme de regrettables dommages collatéraux. Comme dans tout conflit, deux morales symétriques et opposées s'affrontent. Le monstre, c'est l'autre. C'est pourquoi la Morale "transcendante" ne fait pas bon ménage avec la lutte opportuniste pour la victoire.

Un Moral de guerre !

Pour l'heure, la guerre doit être conduite sur les terrains où celle-ci a lieu. Les jugements moraux, les émotions légitimes ne peuvent tenir lieu de réflexion. Puisque le combat se livre à la terrasse de nos cafés, c'est là qu'il faut commencer le combat ! Un pays développé le sait depuis sa création contestée qui a pris des mesures dans ce sens: Israël est à la pointe de la lutte anti-terroriste. 

Ce qui me dérange chez nous, c'est qu'en dehors des forces spécialisées anti-terroristes, nous n'avions pas jusqu'ici adopté un "moral de guerre". Nous avions semblé ne pas vouloir voir la réalité en face. Comme en 1940 (lire ici), nous semblions nous obstiner à vouloir livrer d'autres batailles que celles qui s'imposent à nous. Nous avions manqué de réalisme et de détermination. Cette attitude, si elle se maintenait, conduirait à la défaite dans les quatre batailles que nous devons livrer maintenant.

1/ La bataille sur le front civil intérieur

Nous avons d'un côté des civils désarmés qui attendent les secours, des secours peu armés ou peu formés qui appliquent la procédure et attendent l'intervention des forces d'élites (RAID, GIGN ...). En face, des individus dotés d'armes automatiques prêts à se faire exploser sans tarder ... Des moutons face à des bombes humaines ! C'est sans doute ce qui a fait dire à Donald Trump (vidéo ici) que si les français n'avaient pas la législation la plus restrictive du monde sur les armes, la situation aurait été différente. Possible ... Mais je crains que le problème ne soit pas qu'un problème d'armes. 

Alors que faire ? 

Commencer par refuser partout l'inéluctable, résister à tous niveaux dans la mesure du possible comme l'ont fait trois passagers du Thalys du 24 Août 2015 ! Il faut que les assaillants sachent que ça ne sera pas du gâteau. Je crois que c'est ce qui s'est passé autour du Stade de France ... Dans ce cas, le pire a été évité, les "kamikazes" se sont fait sauter à vide !

Puis prendre l'initiative comme ce qu'on fait les policiers du Raid ce matin à Saint Denis.

2/ La bataille sur le front militaire extérieur

Nous figurons parmi les auteurs des frappes aériennes. C'est ce qui nous vaut des attentats sur notre sol. Nous allons envoyer plus de moyens mais est-ce crédible quand nous proclamons par ailleurs notre doctrine de ne pas intervenir au sol, quand nous savons ne pas pouvoir déployer plus de 5 ou 10000 hommes sur un quelconque théâtre d'opérations et quand les américains ont perdu la paix en Irak et en Afghanistan alors qu'ils disposaient de beaucoup plus de moyens que nous ?

Pour vaincre sur ces deux fronts et après avoir accepté de voir les choses en face et être sortis de notre déni actuel, il faudra revoir nos positions. Sur le plan diplomatique, les lignes changent avec le retour de la Russie sur la scène mondiale. Sur le plan interne, les drastiques réformes que nous n'avons pas su faire en temps de paix vont devoir être faites pour investir des moyens adaptés afin de renforcer nos forces sur tous les fronts ou alors nous nous payerons de mots ... Mais il y a un troisième front ...

3/Livrer et gagner la bataille idéologique

Un tout petit nombre de jeunes ou de moins jeunes islamistes radicalisés mène l'offensive sur les deux fronts précédents parce que l'ennemi les a convertis sur le plan idéologique. Ce petit nombre d'infiltrés ou de convertis, ennemis de notre société comme jadis la bande à Baader ou les brigades rouges, suffit à nous scandaliser et à nous glacer d'effroi. Dans la bataille idéologique, c'est une victoire de l'ennemi. Il faut travailler sur ce plan. Sortir du déni et apprendre qui est l'ennemi et pourquoi il nous hait; peut-être apprendrons-nous au passage quelque chose sur nous-mêmes ?
Des prédicateurs fanatiques à la solde d'une puissance étrangère (DAESH et d'autres groupes) détournent un discours religieux et en vaccinent une partie de notre population immigrée ou apparentée, déçue et marginalisée, et dont une minorité importante (voir mon article ici) est culturellement prédisposée à faire passer sa religion avant nos lois et nettement plus dans quelques cas précis.

Et quelle est l'idéologie de cet ennemi ? Pour cela reportons-nous au texte de DAESH (lire ici) qui revendique les attentats: la sourate 59 verset 2 du Coran interprétée au pied de la lettre et au mépris du contexte historique assaisonné d'un discours sur l’idolâtrie et la perversité des croisés qui ont attaqué les premiers (et là c'est vrai !). Cette idéologie fanatique est aussi simpliste que le style et l'orthographe de ce communiqué. Pourtant, elle fait mouche et mobilise ceux que l'ennemi a su écouter et récupérer, lui, et qu'il présente comme des héros de la foi, pendant que nous les flattons en en faisant de grands guerriers sanguinaires, des monstres surpuissants ce qu'ils ne sont qu'en regard de notre sidération et de notre effroi . 

4/ Livrer la bataille contre nous-mêmes: réveiller notre société amorphe
Face à cela que propose l'Etat français ? Les services de renseignements et de police travaillent sur les conséquences, et plutôt efficacement, mais qui se préoccupe des causes idéologiques profondes ? Quelles sont nos armes idéologiques face au détournement du Coran et au bourrage de crânes de nos ennemis ? Nous brandissons nos lois que nous n'appliquons que si l'état d'urgence est déclaré et nous évoquons nos valeurs républicaines ... mais nous ne savons même plus les définir ! Ah si un grand dirigeant en a rappelé trois: "Liberté, Égalité, Fraternité"...  C'était Barack Obama ! 

Nous sommes-nous endormis à ce point que notre société n'a plus rien à proposer et ne se souvient plus de ses propres valeurs ? Ne peut-on réagir à cette double médiocrité intellectuelle (celle de l'ennemi et la nôtre aussi) en allant porter la contradiction à la source: dans les écoles, les mosquées, les cités pour tenir un autre discours ? (lire mon article ici) Sommes-nous enfin décidés à livrer cette bataille-là aussi ou allons-nous laisser le champ libre à une idéologie religieuse crasse et régressive ?

Respecter l'ennemi pour gagner la paix !

Si nous relevons les quatre menaces précédentes, nous aurons regagné le respect de nous-mêmes et nous serons en mesure de gagner ces batailles et d'autres. Mais gagner les batailles n'est pas le vrai but d'une guerre. Son vrai but est de gagner la paix. Je citais plus haut en exemple Israël qui a su relever le défi de la guerre et créer une société originale et dynamique en plein désert mais qui de toute évidence ne semble malheureusement pas en bonne voie pour gagner la paix. Avant comme après la reddition de l'ennemi, gagner la paix nécessite d'entrer vraiment en relation avec lui, en quelque sorte de le respecter lui-aussi. Oui il faut accepter et respecter le monstre pour mieux le liquider ou le dompter ! Je vous renvoie à cette belle intervention de Jean Pierre Massias sur les traités de paix et les préalables à la négociation (lire mon article et visionner ici sa vidéo TEDx)

Or quels sont les mots d'ordre que j'entends ? 
Avec qui voulez-vous faire la paix si ce n'est avec votre ennemi ? Comme voulez-vous vivre en paix avec des gens qui vous ignorez ?

La guerre ne nous débarrassera pas de 100% des terroristes ... c'est l'inverse qui se passe. La violence renforce la violence aveugle, l'ignorance crasse et les discours religieux vengeurs. Bush voulait abattre Saddam Hussein et Bin Laden pour que tous les régimes anti-démocratiques s'effondrent autour d'eux comme des dominos. Même discours de Sarkozy sur Kadhafi. Et désormais, en plus des talibans et d'Al Quaïda, nous avons DAESH, Al Nosra etc ...! Dans nos cités de banlieue comme à Gaza, après avoir rétabli notre autorité par la force, si nous ne respectons pas assez ceux qui nous haïssent, quitte à les détruire, jamais nous ne gagnerons la paix ! 

Nous sommes tous concernés

Nous avons donc une chance ... mais pour cela nous devons d'abord voir les choses en face, nous doter des moyens nécessaires et agir de façon déterminée pour gagner la guerre sur les quatre fronts où nous sommes engagés. Gagner la guerre nous fera regagner notre propre respect de nous-mêmes mais pour ensuite gagner la paix, il nous faudra apprendre à connaître et à respecter l'ennemi en partant de sa haine et de ce qu'il est vraiment au delà de l'horreur qu'il nous inspire: nous devons le reconnaître comme humain et non comme monstre !