dimanche 27 juillet 2014

J'habite une grande région !

Pourquoi l'essai de nouveau dessin de la carte de nos régions est une non-réforme et comment une autre carte est peut-être en train de se dessiner "toute seule" !

Un aimable  Grand Débat sur le découpage de nos régions !

L'objectif de notre gouvernement était de faire des économies, il cherchait 30 milliards. Des assurances ont été données: pas de suppressions de postes ! Ouf tout va bien, nous savons donc d'emblée que d'économies, il n'y aura point. Le "vrai" débat peut donc commencer, passionnant comme souvent en France, car l'occasion est donnée à de nombreux chercheurs, journalistes et experts de faire des remarques pertinentes voire brillantes. Florilège:

L'identité régionale n'est pas réductible à l'aire culturelle.
Le découpage culturel ne recoupe pas les pôles d'attraction économique.
L'attraction économique est le fait des métropoles et non celui des territoires.
Au fait, nous n'avons en France qu'une métropole mondiale (Paris) deux métropoles européennes (Lyon et Marseille) et 7 ou 8 pôles régionaux secondaires (ma ville de Metz n'en fait même pas partie)
Au passage, la région parisienne qui  englobe de fait Rouen, Reims, Orléans et même Lille, devrait se comparer au grand Londres et à New York pendant que la Corse n'est soluble dans rien d'autre qu'elle même ...
Et quid des territoires interstitiels (=vides), majoritaires en France ? (Metz en fait partie)
Dans cette question de mariages régionaux, la bonne affaire n'est-elle pas de se rapprocher d'une zone plus riche que soi ?
Et au fait, quid des influences transfrontalieres ?
 
Que de justes remarques ! Tenez, prenons la dernière.

Je vis dans la Grande Région !

Je n'ai pas besoin de me poser la question rituelle de ce blog: "en quoi sommes nous concernés". La réponse est évidente: notre Etat continue à penser la carte de la France de 1870. Laissons là les dormeurs et préparons le réveil.

Au fait, savez-vous que j'habite dans la Grande Région ? Je ne sais pas si tous les habitants de Metz savent ce que c'est. A coup sûr, mes amis de "l'intérieur" l'ignorent. Mais j'ai l'impression que les chefs d'entreprises de ma localité le savent, eux. La Grande Région a son centre à Luxembourg "City"; elle rassemble la Wallonie, le Luxembourg, le Palatinat, la Lorraine, la Sarre. 11,3 millions d'habitants, comparable à l'Ile de France, plus de deux fois Rhône Alpes ...  Elle fut lancée dans les années 60 comme un Programme Européen de Coopération Territoriale. J'ai participé en Juin à un salon qui en est une illustration de bon niveau ... et qui montre que quelque chose existe !
http://www.cairn.info/revue-annales-de-geographie-2009-3-page-228.htm
Cette nouvelle région inattendue est financée sérieusement (surtout par le Luxembourg). Ce programme européen est coopératif et non étatique, la culture n'est pas vue comme une idée abstraite mais comme le moyen d'un "melting pot", qui en a tout de même fait une capitale européenne de la culture en 2007, et une occasion d'échanges multinationaux. On y parle quatre langues (français, flamand, luxembourgeois, allemand) mais surtout l'anglais des affaires ... On y croise des délégations économiques de toute l'Europe ... Tiens, j'y ai même croisé des élus de ma ville ...

Cette région a bien plus de chances d'exister que les fantômes proposés à grands renfort de ciseaux, de colle et de compromis de notre gouvernement... et vous savez pourquoi ? Cherchez qui a l'argent !

L'Alsace est déjà un trait d'union avec l'Allemagne et est en voie de rapprochement avec le Bade Wurttemberg ... et non avec la Lorraine qui justement fait partie de cette Grande Région.

Conclusion

Pendant que les derniers feux d'une gouvernance gaullienne devenue velléitaire, pusillanime et désargentée s'expriment dans cet essai mort-né de redécoupage régional, les vrais régions économiques existent déjà: celles des entreprises. Elles sont fondées sur des pôles économiques (la capitale de la Lorraine n'est ni à Nancy ni à Metz, mais à Luxembourg, la capitale de la Haute Normandie n'est ni Le Havre, ni Rouen, c'est Paris ! ).

Il semble que les énarques qui conseillent la "réforme" française pensent avec les concepts d'un monde qui a pris fin. Laissons les se rassurer en dépensant les derniers budgets issus de la dette publique et intéressons-nous à la réalité locale et régionale en émergence fondée non plus sur la carte et les frontières mais sur les réseaux et les flux.

Il est à craindre qu'il en résulte peu à peu une disparition de l'Etat français. C'est dommage, on s'y était attaché ! Mais bon, si nous voulons assurer un avenir à nos enfants, faisons comme nos voisins européens: apprenons le pragmatisme !

lundi 14 juillet 2014

Ecocéane: apprendre à nager

Illust: http://www.meretmarine.com
Le cas d'Ecocéane démontre l'urgence de conjuguer optimisme et pragmatisme pour ne plus marcher sur la tête.

Devons-nous parier France ?

Mon précédent article faisait un compte rendu de ce livre récent. Livre optimiste mais insuffisant car il importe aussi d'être réalistes sur les obstacles réels et parfois surréalistes que doit vaincre le chef d'entreprise. 

Dans ce livre, Xavier Louys signalait l'incomparable avantage concurrentiel que confère à la France son espace maritime. Connaissant par tradition familiale l'importance de la filière navale et la tristesse de sa situation actuelle, je me suis intéressé à ce cas déjà ancien (création en 2003) d'Ecocéane, une PME innovante qui conçoit et réalise des bateaux dépollueurs sans émulsion. Ses navires sont uniques au monde (efficience multipliée par 20 par rapport aux solutions existantes: lire le dossier technique ici), cette technologie démontre aujourd'hui son utilité a minima dans les eaux du port d'Antibe et pourrait rendre de grands services lors des marées noires en pleine mer comme elle l'a fait en 2010 pour le compte de BP à l'occasion de la catastrophe de la plateforme Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique...

On parle accessoirement de 3000 emplois qui pourraient être créés en Bretagne (Paimpol). 

A défaut de marcher sur deux jambes, apprendre à marcher sur la tête

Or depuis au moins deux ans, le dossier est chez Monsieur Montebourg car ce qui empêche le développement d'Ecocéane n'est pas son financement (public/privé: BPI, Total Développement) mais un obstacle "insurmontable" qui se dresse sur sa route. Je cite, Eric Vidal, le dirigeant:

"L’Emsa, l’agence européenne pour la sécurité maritime, qui est basée à Lisbonne, refuse de nous agréer. De même que le Cedre, à Brest et le Ceppol, qui dépend de la Marine nationale. Et sans agrément, il est difficile de vendre en France. Et difficile voire impossible de vendre en Europe.

Le Cedre et le Ceppol nous connaissent bien. Ils sont venus sur nos bateaux. Le Cedre nous dit qu’il n’est pas possible d’évaluer nos gros bateaux parce que son bassin est trop petit. Et Le Ceppol ne veut pas nous évaluer en mer en mesurant notre ramassage de balles de riz, en nous disant que ce n’est pas du pétrole. 


Tous deux nous affirment qu’il faudrait une vraie marée noire pour nous tester. Mais s’il y a une marée noire, ce que je ne souhaite évidemment pas, nous ne pourrons pas intervenir parce que nous n’avons pas d’agrément."

Voici une vidéo déjà ancienne:


Il semble (lire ici) qu'une solution récente soit enfin en vue pour la PME bretonne. En effet, l'agrément n'étant pas possible en Europe car le bassin de test de Cedre est trop petit ... ce sera donc un agrément américain qui permettra le développement de cette innovation à partir des Etats Unis !

Apprendre à nager !

Nous connaissons tous avec l'Ecotaxe l'efficacité et les synergies des instances d'agréments et d'encadrement des entreprises et de l'Economie. J'avais aussi relaté par le menu l'invraisemblable aventure administrative de la PME mosellane STVI. Nous avons ici un nouvel exemple du pari véritable qu'un entrepreneur doit savoir prendre quand la survie d'une innovation et de son entreprise sont en jeu !

Puisque marcher sur la tête cause des migraines, que marcher sur les deux jambes de l'optimisme ET du pragmatisme n'est pas possible, il aura donc été possible pour un concepteur de bateaux d'apprendre à nager ... au grand large. Bonne chance à lui et quant à vous, monsieur Louys, préparez donc une seconde édition de votre livre sur les obstacles réels à lever pour que la France devienne la puissance maritime que vous décrivez.

Est-ce se délecter de l'absolue bêtise de notre secteur administrativo-réglementaire, est-ce cultiver pessimisme dépressif et déclinisme que de montrer ce qui empêche à notre pays d'aller de l'avant (parmi diverses causes). Ou est-ce simple réalisme ? A vous de juger ... mais ne perdons pas trop de temps car la mer continue de monter ! Elle pourrait même finir par envahir le petit bassin de l'excellent Cedre !

samedi 28 juin 2014

Le chemin des crêtes

A l'occasion de la lecture d'un livre optimiste sur les chances de développement de notre pays, j'aimerais partager quelques réflexions à la fois sur l'optimisme et sur la gouvernance. Sujet déjà évoqués de nombreuses fois ici.

Parions France
Voici Parions France !, le livre "positif" d'un ancien élu local, conseil en communication qui fut aussi
directeur du Tour de France, une superbe réussite événementielle à l'échelle mondiale. L'auteur se nomme Xavier Louy, un homme politique mais aussi un consultant et un chef d'entreprise. Cela ne pouvait me laisser totalement indifférent.

Ce livre m'a été conseillé par un ami dont je parle parfois dans ce blog (à vous de deviner de qui il s'agit, j'espère qu'il commentera cet article !). Cet ami et moi avons des discussions sur le changement et ses voies, sur le pouvoir. Et aussi sur l'optimisme, point sur lequel nous divergeons. C'est pourquoi j'utiliserai ce livre pour partager quelques réflexions personnelles sur ces thèmes en prélude à de futures publications sur Acatl Editions.

La critique

"Parions France" est un livre salutaire et informatif qui correspond à un vrai besoin et qui rappelle et répertorie nos forces et réussites et qui présente aussi pas mal d'insuffisances factuelles et conceptuelles.Vous trouverez ici mon commentaire sur Amazon, n'hésitez pas à cliquer sur "commentaire utile" si cela vous parle. Vous trouverez ici une vidéo par Jean Louis Courleux. Elle trop sombre pour être visionnée mais la prise de son est correcte.

Le diable est dans les détails (citation de Lister, chirurgien anglais du 19ième siècle)
Commençons par les insuffisances. De curieuses erreurs de détails interpellent sur la forme et interrogent sur le fond:
  • Non la ville de Leeds n'est pas en Écosse mais en Angleterre.
  • Non Sanofi n'est pas le premier laboratoire pharmaceutique mondial mais le troisième en 2013 il était le quatrième en 2012.
  • Et non BNP Paribas n'est  pas le premier groupe bancaire mondial mais le troisième en produit net bancaire et le 12 ème en capitalisation boursière ... Et l'auteur n'avait pas connaissance de l'affaire qui place depuis peu la banque en situation difficile devant la " justice" américaine du procureur Vance (celui qui est sans doute frustré de n'avoir mis Strass Kahn en prison). Cette dernière affaire relativise un peu le propos enthousiaste sur l'influence mondiale des entreprises françaises !
  • Et Non, le territoire russe n'est pas de 1,7 millions de km² mais là il ne peut s'agir que d'une faute de frappe.
Ajoutons que dans la version kindle au moins, il est regrettable qu'aucune note ni lien ne permettent de creuser et de vérifier les sources ... ce ne serait pas du luxe.

Cet ouvrage d'un auteur raisonnablement connu, paru chez un éditeur dit sérieux n'a sans doute pas fait l'objet de relectures aussi sérieuses que son sujet l'aurait nécessité. Pour identifier l'auteur, je suis tombé sur cette vidéo:



"L'empire maritime", une bonne idée insuffisamment étayée
Cette rapidité d'écriture se retrouve malheureusement à divers endroits sur le fond. Proposer par exemple de régler le problème planétaire de l'eau par la désalinisation massive de l'eau de mer sans évoquer l'énorme besoin d'énergie que cela créerait me semble rapide ... Tenez rappelez-vous ce que disait Justin Hall Tipping à ce sujet. Une nouvelle fois, la forme c'est du fond qui remonte à la surface comme disait Victor Hugo ... L'idée de l'empire maritime elle-même est intéressante ... en gardant en tête que les limites d'exclusion maritime sont très contestées ...

Sur les idées essentielles, il manque donc un peu de matière. C'est dommage car l'auteur cite aussi de belles réussites trop souvent passées sous silence. L'idée de redonner aux jeunes l'espoir et l'envie de construire un avenir "gagnant"est louable. Et l'auteur inventorie à cette fin les entreprises et les secteurs où la France gagne. Malgré quelques erreurs comme celles signalées plus haut, cela m'a plu car il est vrai que depuis quelques temps, il est plus souvent question de la France qui perd ...

Mais pourquoi faut-il toujours répondre à un biais psychologique, ici celui du pessimisme, par un autre, celui de l'optimisme ? A-t-on si peu profité des leçons de la Méthode et aussi de celle de l'expérience ?  Le pragmatisme serait plus utile. L'auteur en appelle à s'appuyer sur nos succès pour que les jeunes changent le jeu, inventent de nouvelles règles, s'opposent au conservatisme ... Fort bien et quels sont les freins ? Comment les lever si on on ne les prends pas en compte ?

Optimisme ou complaisance ?

En bon élu local qui a de la bouteille, l'auteur enfourche une vision gaullienne sympathique... Et produit finalement une vision  complaisante. La France ne serait pas si petite que cela il faudrait compter tout son empire maritime de ... 11 millions de km2, le deuxième du monde. C'est vrai et il faudrait retenir cette grande idée. Seulement, en bon conseiller en communication du développement territorial, il simplifie outrageusement dans le but de motiver ses troupes. Il semble au passage qu'un homme politique au moins ait bien reçu le message et pourtant il n'est pas du même bord politique: Jean Luc Mélenchon.

Crédit photo: courleuxsansfrontieres.com
Cela vaudrait donc la peine d'essayer mais en n'oubliant pas que les courants maritimes pas plus les déchets qu'ils charrient ne connaissent de frontière. Et n'oublions pas non plus le triste assaut de la grotte d'Ouvéa, résultat d'une Gouvernance piteuse de notre "empire maritime", j'en parlais ici. Pour réussir dans une telle mission, il conviendrait de se départir d'un angle de vue par trop nationaliste et simpliste et d'adopter un point de vue à la fois collaboratif, global et pragmatique. Commençons par exemple par ne pas méconnaître ni sous-estimer les réflexes immobilistes et les freins qui caractérisent aussi notre société  !..

L'oubli des faiblesses et des freins
Le livre se termine par d'autres idées très gaulliennes intéressantes comme la participation populaire dans les banques, la remise en cause des droits de succession et d'autres plus originales comme un tableau de bord national de l'activité non limité au comptage du nombre des chômeurs ou des immatriculations automobiles. L'auteur s'autorise bien le regret de quelques propositions du grand Général, jamais appliquées, mais pourquoi fait-il l'économie d'un rappel des faiblesses structurelles de notre pays ?

Pourquoi ne pas mettre en perspective les réussites et potentiels (assez bien répertoriés dans ce livre) avec les freins structurels réels comme par exemple l'obstacle que forme une pseudo élite de dirigeants,  d'élus et d'administratifs parfois corrompus (voir ici) mais surtout indéfiniment arque-boutés sur leurs avantages acquis et leur carrière et recuits dans l'immobilisme de certitudes étriquées ? N'y a-t-il pas là un conservatisme de structure dont il faut urgemment tenir compte ? Ce conservatisme n'explique-t-il pas que même les bonnes idées du Général ait pu être enterrées ? A moins qu'il ne s'agisse pas vraiment d'agir ...

L'optimisme unijambiste

Ce livre s'inscrit donc à la fois dans la prise de conscience du fait qu'il est possible de se ressaisir et dans la croyance qu'en le disant et en étant "positif", on fera œuvre utile, presque performative (je le dis, donc cela existe). Cette croyance rejoint celle de beaucoup de coachs et de petits auteurs en Développement Personnel: "restons positifs et nous réussirons !". Pour ma part, quand j'entends cela, je pense aussitôt aux paroles de Churchill  qui n'avait à proposer à son peuple que « du sang, du labeur, des larmes et de la sueur » ("Blood, toil, tears, and sweat" le 13 mai 1940, dans son premier discours devant la Chambre des communes). Mais peut-être notre situation n'est-elle pas encore assez grave pour être comparable à celle qui prévalait la veille de la bataille d'Angleterre ?

Le travail de Xavier Louys est utile pourtant. C'est juste que l'on ne marche pas longtemps sur une seule jambe. Il nous faut aussi connaître l'autre face de la réalité pour nous donner une deuxième jambe pour avancer.

En quoi sommes-nous concernés ?
Sur le plan national, il faut sans doute redonner à la nation France une place plus importante mais il faut le faire sans complaisance, en s'appuyant sur nos forces réelles, en recherchant leur accord et non en les enrôlant pour une Cause étrangère à leur plan stratégique (les groupes et start ups répertoriées par l'auteur) sans raviver les idéologies nationalistes, voire colonialistes ni les nostalgies passéistes et sans méconnaître les freins et faiblesses structurels de notre société. Et sous réserve d'une approche étayée, je retiens volontiers l'idée de l'opportunité maritime pour la France.

Sur le plan humain et managérial: il est vrai que nous pouvons facilement nous complaire dans le pessimisme et la sinistrose et qu'il importe de prendre conscience de nos forces. Cependant, il importe de le faire avec pragmatisme. Je sais, la voie est étroite. C'est un véritable chemin des crêtes ... au moins la vue est belle même si la marche est difficile !

Crédit photo: Gérard barré, sentier-nature.com
(Beaufortain, Beaufort, Savoie – 07/09/12
le lac et le barrage de Roselend en contrebas )

mardi 10 juin 2014

Argent 7: monnaies complémentaires, on en parle sur BFM Business

Il est peut-être temps de monter dans le train des monnaies complémentaires. Un sujet majeur encore en dessous du radar.
Suite à TEDxLaDéfense où nous en avions parlé et mes 6 articles consacrés à ce sujet, que s'est-il passé ? Etienne Hayem, l'un de nos intervenants, le plus jeune, s'affirme comme un expert reconnu dans le domaine en témoigne ci-après la vidéo tirée de l'émission "paris d'avenir" de BFM Business, un média tourné vers l'entreprise et que je trouve décidément très pertinent. Elle évoque un sujet majeur et dont le traitement pourra déterminer avec quelques autres thèmes encore marginaux, les prochaines grandes évolutions sociales et économiques. Voici la vidéo:




Une série de conférences avec certains de ces intervenants a lieu régulièrement: Symba (l'économie symbiotique). J'y serai demain soir. 

A l'heure où certains partis politiques classiques viennent de comprendre (à peine) la gravité de système de la dette sans proposer de véritable remède, certaines idées poursuivent leur chemin. Peut-être figureront-elles un jour au rang des solutions ...

Dans mon précédent article, "le terreau de la net-démocratie", je parlais de tendances  sociétales nouvelles que certains petits partis politiques commencent à incarner. Il nous reste maintenant à faire le lien entre eux et des solutions qui existent déjà, comme celle-ci. Le fait que BFM Business passe une longue émission sur ce thème est bon signe. Les entreprises contribueront peut-être tôt ou tard à faire sortir les monnaies complémentaires de leur environnement "underground" ou "alternatif pour  bâtir une autre économie. A suivre donc.

vendredi 23 mai 2014

Le terreau de la net-démocratie

A l'approche des européennes, voyons comment la démocratie réelle est peut-être en train de se réveiller.

Le bruit de l'herbe qui pousse: de l'entreprise à la politique

Absorbé par le développement de Vintec, notre nouvelle start up, je réalise d'un coup que le sujet que nous traitons avec nos offres est une facette d'une évolution qui se fait sans doute plus lentement mais qui se fait aussi en politique. Dans Vintec, nous proposons de gérer des outils de communication (donc d'action) personnalisables au plus près du client ET conformes à une politique et à une charte globale. C'est le phénomène du "penser global, agir local" de Mc Luhan dans les années 60. Ce "glocal", les entreprises en réseau en ont fait une réalité. Et la politique ?

En politique, les choses nous semblent souvent désespérément figées. Beaucoup pensent et disent: "tous pourris".  Les media nous présentent surtout la montée "inéluctable" des partis des "replis". Et si, tout comme dans l'entreprise, les choses, au contraire étaient en train de changer profondément sans bruit ? J'écris "sans bruit" car on n'entend jamais les brins d'herbe pousser... Je vous soumets ici quatre initiatives qui remontent du terreau du "pays réel" qui n'a pas dit son dernier mot. Même si les brins d'herbe en question sont encore tendres.

Le vote blanc

Nous savons car cela nous a été dit et expliqué dans les media, que les français n'ont que ce qu'ils méritent en politique car ils ne s'intéressent pas assez aux élections ... S'il en était autrement, ils iraient voter. Qu'ils ne se plaignent donc pas ! Du coup, nos élections ne finissent par représenter que 20 ou 30% de la population: la fraction victorieuse de la part de la population que les politiques traditionnels réussissent encore à mobiliser sur leurs vieilles lunes et sur ... leurs plans de carrières. Les autres sont-ils tous des "abstentionnistes" ? Non, la scandaleuse réalité, c'est que personne ne les représente et qu'ils ne peuvent pas le dire officiellement car leur vote neutre (vote blanc),  est comptabilisé comme nul. 

Le vote protestataire n'est donc pas possible. Il ne reste alors que la possibilité de se tourner vers les partis des "replis simplificateurs": lutte des classes ou nationalisme. Là au moins, on ose se dire que cela ne va pas ... mais quels boucs-émissaires propose-t-on en échange ?

Voilà donc une initiative concrète que permet le net. Il vous est désormais possible de télécharger un bulletin normalisé pour promouvoir le vote blanc au cœur de l'élection elle-même. C'est ce que propose le parti des citoyens du vote blanc que me fait connaître un ami. Je remercie Jean Marie G. au passage que j'ai connu grâce au présent blog.

La Nouvelle Donne

Si comme moi, un vote blanc, même comptabilisé, ne vous suffit pas, voici à gauche une autre option. Pierre Larroutourou (ci-contre), fondateur de la Nouvelle Donne, fut le promoteur de la semaine de 4 jours. Il a été proche de Michel Rocard, de Stéphane Hessel et d'Edgar Morin dans le Collectif Roosevelt et d'Ecologie les verts. Je l'avais rencontré il y a 20 ans alors qu'il était encore jeune consultant chez Arthur Andersen et que je dirigeais un petit éditeur de progiciels de Ressources Humaines: Cerg Finances RH. 


Je n'ai jamais vraiment adhéré à ses idées sur la réduction du temps Il y ajoute une série d'autres idées trop radicales pour avoir été reprises au PS ou par les Verts, mais que soutiennent pourtant plus de 10% de leurs militants. La première des 15 idées du collectif était: "diminuer très fortement les taux d'intérêt (autour de 0,01 à 0,02%) sur la vieille dette". Le net  a permis à la Nouvelle Donne de se développer en repartant du "terreau de gauche" et de proposer aux électeurs très remontés contre le capitalisme financier, de trouver avec ce nouveau parti des options radicales et pourtant indispensables. Voir la vidéo.

Nous Citoyens

Denis Payre (ci-contre) a été co-fondateur de Business Object, un éditeur français de logiciels racheté par l'allemand SAP. Il a aussi créé Croissance Plus et son équivalent européen. Il a été mon "voisin" à la Défense à la même époque que dans le paragraphe précédent mais je ne le connaissais pas personnellement. On voit peu son mouvement Nous Citoyens dans les grands média mais beaucoup sur BFM et sur le net. Denis Payre représente un courant qui se veut hors partis mais qui défend l'entreprise et qui veut faire fonctionner l'Europe, voir la vidéo. J'apprécie son discours que les journalistes classeront à droite qui remet en cause une politique traditionnelle carriériste, ignorante du terrain économique et trop axée sur l'Etat-fonctionnaire.

La démocratie réelle

Si vous voulez du radicalement nouveau, je remercie Christophe C., un ami défenseur des monnaies alternatives, qui me fait connaître ce dernier mouvement d'une vidéo crayonnée:


En un mot, Démocratie réelle propose que ses élus, de simples citoyens tirés au sort selon le principe cher à Etienne Chouard, s'engagent à organiser des référendums auprès de leurs électeurs sur tous les sujets où ils auront à décider. Peu pratique mais symptomatique de l'émergence d'une volonté de démocratie directe.

En quoi sommes-nous concernés ?

Je trouve que ces quatre initiatives illustrent une tendance de notre société, bien identifiée par des sociologues comme Pierre Rosenvallon. Il s'agit de la crise des réprésentations. Nos sociétés se prennent peu à peu en main et "marginalisent" des concepts comme "l'Etat", les élus, l'administration et toutes les formes de représentation institutionnalisées. Que ces initiatives mordent maintenant directement sur le champ politique ne devrait pas être une surprise.

Il n'y a pas de raison de se contenter du catéchisme alarmiste des média, l'herbe pousse depuis le terreau et ne tombe pas du ciel or ... elle pousse, tendez l'oreille !

dimanche 13 avril 2014

L'importance du ton

L'actualité politique et des média ainsi que mes expériences récentes de "TEDx-coach " m'incitent à vous proposer de revenir sur un angle de lecture particulier de notre environnement médiatique. Vous souvenez-vous de vos récitations à l'école primaire ? Et de votre instituteur vous incitant à "y mettre le ton". Voilà mon sujet du jour.

Commençons par notre nouveau premier ministre dont j'ai désapprouvé ici l'attitude face à
Crédit photo: C. Platiau Reuters
Dieudonné. Hé bien politiquement c'est lui qui avait raison. Contrairement à ce qu'affirmait Dieudonné, il ne s'est pas fait le public relations de ce dernier. C'est Dieudonné qui lui a servi de marche-pied pour son nouveau job. Mais passons.

Changement de ton

Les éditorialistes et la presse que je lis, comme celle que je ne lis pas (le Parisien par exemple), ont tous salué de la part du Premier Ministre un "changement de ton". Et quand j'ai écouté son discours d'investiture (sans revenir sur le fond qui reste malheureusement bien insuffisant), j'ai entendu et éprouvé une véritable émotion sur la fin. Plus que Sarkosy avant lui, Valls est un immigré et, mieux que Sarkosy, il a su faire ressentir une émotion authentique lorsqu'il a parlé de son engagement en tant que français. Et j'ai remarqué que sur les bancs de l'assemblée, nombre de députés de droite ont applaudi. Je suis sûr qu'ils étaient sincèrement touchés.

Cela m'a donné l'idée de relier cette observation à ce que nous disons à nos intervenants dans nos TEDx. Cherchez à faire passer une véritable émotion. Valls a fait cela. Et cela a marché pour clôturer un discours tout d'abord dans la droite ligne du pilotage à vue. Le ton, voilà l'élément fondamental. Il ne lisait plus, le niveau d'énergie général avait visiblement augmenté, les yeux se posaient sur l'assemblée de façon semi-circulaire. On n'avait enfin plus l'impression d'une récitation de Cours Moyen... Le personnage semblait s'engager. Les mots évoquaient enfin une action, en l'occurrence, la démarche personnelle d'un vrai bipède. Sémantique et gestuelle étaient en cohérence. Même l'opposition aurait eu envie de lui emboîter le pas !

La trouille de se montrer, la trouille de tout

C'est tout ce qui manque cruellement au personnel politique et encore plus aux hauts fonctionnaires et même aux dirigeants de grandes entreprises. Etre vraiment là, présents derrière les mots pour évoquer l'action. Sans cela, l'engagement a-t-il seulement la moindre chance d'exister ? La réponse, même si le ton à lui seul ne suffit pas, il faut aussi du contenu, la réponse dis-je se trouve dans les 25 dernières années de surplace de notre pays. Notre personnel dirigeant de tous bords a trop été occupé à réciter une leçon à laquelle il ne croyait pas pourvu qu'elle lui rapporte des voix et des dividendes. 

Il ne s'apercevait pas que sa sourde trouille d'être mauvais, de s'avancer à découvert, de risquer ne pas être réélu ou d'être en privé démoli par la "com" et lâché par les actionnaires s'il se risquait hors du politiquement correct était la même que celle des rugbymen français ou des footeux du PSG. La trouille de gagner, d'oser se montrer vraiment, d'avancer dans la tourmente, de démontrer par l'action ses véritables convictions, d'avoir du courage. Hé bien comment voulez-vous que le dirigeant qui ne peut montrer cela dans son discours entraîne une équipe, une entreprise, un gouvernement ou un pays quand justement il va falloir agir... enfin ? Là ça change, dans le ton au moins.

Le courage d'être soi et de se dépasser

Finalement, et j'en ai été le témoin et un petit peu l'acteur en coulisse, c'est ce que font nos intervenants de TEDx. Ils osent prendre la parole et parler à la fois avec leur tête et avec leurs tripes. Je reviendrai prochainement sur les interventions de TEDxMinesNancy, très emblématique de cela.

Pour finir, je voudrais évoquer un grand et "jeune" patron français, Matthieu Pigasse, que j'avais imaginé inviter à TEDxLaDéfense2012. Il passait hier à "On n'est pas couché" face à des chroniqueurs-auteurs (Polony et Caron) pas faciles, flanqués en plus de Michel Onfray ... L'exercice n'était pas simple: se présenter comme de gauche, patron de Presse, dirigeant de la Banque Lazare, ami de Strauss Kahn et pourfendeur de la "normalité" de F Hollande pour finalement défendre l'approche libérale et européenne dont beaucoup pensent qu'elle est la cause de tous nos mots...

Là non plus, je ne veux pas revenir sur le fond. Je voudrais simplement garder l'angle du TEDx-coach. Matthieu Pigasse était visiblement très tendu, la transpiration perlait, la posture était mal assurée, la sémantique était plaidante, il demandait la permission de dire... Tous les signes d'une communication loupée, la curée n'était pas loin... Onfray ne l'a pas raté d'ailleurs mais...

Tout d'abord, Pigasse a vraiment réfléchi à ses sujets et a certainement écrit son livre lui-même. Ensuite, malgré son trouble et même grâce à lui, il a réussi à être lui-même (me semble-t-il). Il a été sincère tout du long et quand on lui a demandé pour qui il roulait, sans être brillant, il est resté crédible malgré ses amitiés gauche-caviars plus que sulfureuses. Onfray a même dit comme un cri du coeur: "il vendrait des frigos au pôle Nord". Venant d'Onfray, je peux affirmer qu'il y avait une sorte d'hommage derrière la pique.

Une condition de l'engagement et du changement

On regretterait qu'un Pigasse ne se présente pas... La condition de l'engagement et du dépassement de soi qui font vraiment changer les choses sont cette ambition qui vous met en risque justement. Gardons-nous de trop d'enthousiasme mais notons ce changement de ton à peu de jours d'intervalle chez un premier ministre et un grand dirigeant d'entreprise.

samedi 5 avril 2014

Stationnement municipal bien ordonné !

Voici une commune de mon département où le stationnement est parfaitement ordonné:

Crédit photo: D Chambaretaud
Les gamins sont prévenus, ils ne pourront pas garer leur skateboard dans cette voie piétonne, en revanche quand la municipalité aura des bus, ceux-ci pourront y stationner surtout s'ils mesurent moins de 2 mètres de large !